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Le métier de «designer web» devrait bientôt disparaître.

Publié par Benoit Meunier | 13 commentaires

Internet n'est pas le web. Internet est une autoroute où on y transporte le web, ainsi que le courriel, les messageries instantanées et nombreux autres types de communication qui, ensembles, font le succès d'Internet.

33% web / 33% mobile / 33% courriel + 1% réseaux sociaux

Concevoir un produit qui vivra en ligne est un défi toujours plus important car pour rejoindre les consommateurs, plusieurs canaux doivent être mis à profit. Que ce soit à travers divers réseaux sociaux, par courriel et même par l'imprimante, il faut accepter qu'il n'y a pas que le web et qu'un designer doit intégrer toutes les plateformes dans sa réflexion afin d'assurer une expérience globale et complète.

L'exemple classique.

Prenons par exemple un site de recettes qui mettrait tout en oeuvre afin d'offrir une valeur ajoutée à l'ensemble de ses visiteurs:

  • un outil de recherche web efficace pour trouver la bonne recette souhaitée;
  • l'impression d'une recette avec une bonne mise en page afin de bien lire les étapes lors de la préparation;
  • une info-lettre personnalisée où l'on retrouve des suggestions basées sur les intérêts de chacun des destinataires;
  • la possibilité d'envoyer la liste des ingrédients par SMS pour que le passage à l'épicerie se fasse sans papier;
  • gazouiller via twitter afin d'informer sa communauté sur les tendances et les nouveautés;
  • permettre le partage de sa recette chouchou sur Facebook;
  • offrir une baladodiffusion sur divers sujets comme la bonne alimentation à écouter sur son lecteur mp3 au retour du travail.

L'expérience est globale, les interactions sont multiples.

Un seul design ne suffit plus.

Dans ce contexte où une expérience n'est pas uniquement web, il ne suffit plus de recevoir simplement une maquette de la page d'accueil. Le guide de la marque doit aussi proposer l'affichage de votre logo sur des téléphones mobiles. La page d'impression devrait aussi intégrer des «call2actions».

Et le designer web?

Est-ce que le métier de «designer web» survivra? Peut-être y aura-t-il toujours de la place pour cette expertise spécialisée, tout comme il y a des garages qui ne travaillent que la mécanique et non l'électronique de votre voiture.

Nous nous devons de concevoir des produits qui s'adaptent aux nouvelles réalités technologiques et sociales, les expertises évoluent et déjà le designer web n'est plus suffisant.

En effet, si Internet fut tout d'abord conçu pour connecter les gens, la fin des années 1990 fut celle de l'information où l'indexation des documents prit une part importante. Le retour de l'aspect social et des relations humaines s'impose en le nom du «Web 2.0» et Internet redevient le village global rêvé. Au grand dam d'ailleurs de ceux qui venaient tout juste de comprendre comment faire un bon site web qui pousse leur contenu.

Le designer interactif!

De cette nouvelle réalité, de nouvelles expertises émergent comme le designer interactif.

Un designer interactif conçoit un design simple, des interfaces faciles à utiliser, des formulaires qui convertissent, des modèles de navigation efficaces, des applications mobiles, des pages de profils, des tableaux de bord, des flux d'informations (activity stream), des widgets, etc.

Un designer web ne suffit plus.

13 commentaires sur “Le métier de «designer web» devrait bientôt disparaître.

  1. Reste que tous ces supports lisent tous le même langage css. Il suffit juste de faire des feuilles de style différentes pour chacun, comme on le fait déjà pour gérer les variantes entre browsers.
    Pour ce qui est de la déclinaison du design pour les différents supports, je ne vois pas quelle est la différence avec un graphiste qui doit livrer un logo avec des variations pour flyers, A4, billboards…

    Bref, je mettrais plutôt un point d’interrogation à votre titre.
    Pour y répondre: non

    Signé: un webdesigner d’un site de recettes justement

  2. Bon, on a graphiste, infographiste, designer graphique, designer Web, game designer (et j’en passe), et maintenant on va avoir designer interactif ??? Est-ce qu’on pourrait s’entendre une bonne fois pour toute sur un standard.

  3. michel v dit :

    Quelle étroitesse d’esprit !

    Au contraire, le métier va évoluer, devenir plus global dans son approche.
    C’est la fin des designs pondus en 1024 par des designers venus à 80 % du monde du print, la fin du client ignorant qui insiste pour que le site web soit 100 % identique à la maquette.

    Et comme Emmanuel Poulain, je ne vois pas en quoi cela mérite de créer un nouveau nom de métier. Tout au plus y a t-il eu, dans le milieu, beaucoup trop d’héritage du print, cet héritage est un boulet dont il est grand temps de se débarasser.
    Sauf qu’il était déjà grand temps, avant l’avènement des campagnes marketing ciblées réseaux sociaux !

    Ma parole, parfois on dirait que vous êtes tous nés avant hier, dans le marketing. 😉

  4. La polémique étant un puissant levier de buzz, je trouve au contraire que le titre de l’article est une belle tentative marketing 😉

    Je reconnais le potentiel viral de cet article, mais je suis en désaccord total avec le fond du discours (qui lui pour le coup est plutôt vide de sens et traduit une méconnaissance totale du contexte métier des designers). C’est dommage, les buzz prennent tellement mieux lorsque le propos est crédible 🙂

  5. Vinch dit :

    Mouais… Comme les autres, je ne suis pas convaincu du tout de l’article. C’est pas très argumenté, basé sur un point de vue assez réduit. En résumé, tu nous dis que le métier de web designer va évoluer. Soit… tous les métiers évoluent. Le plombier de 2010 n’a aucun rapport avec le plombier de 1950 😉 (certes, tous les métiers n’évoluent pas à la même vitesse)
    Et c’est ça qui est excitant dans ce domaine. On ne sait pas ce qu’on fera dans 10 ans voire 5 ans voire 1 an !

  6. Wolden Avro dit :

    100% d’accord avecl’article, étant webdesigner au départ qui plus est.
    1. Le web de demain sera immersif (interactions utilisateur-contenus, utilisateur-utilisateur (réseautage) et contenus-contenus (internet des objets).
    2. Html (et donc Css qui va avec) est un langage trop faible pour porter les différents types de datas à partager/distribuer : voir Internet sémantique et internet des données (RDF, Sparql, etc.)
    3. De plus en plus de user-agents/devices (ce par quoi l’on consulte et utilise des contenus web : un navigateur,un smartphone, un monde virtuel, une console, demain un frigo avec Rfid…) permettront à l’utilisateur de décider comment (sous quel aspect,sous quelle forme) et quelles données (tri sélectif) seront affichées/utilisées.
    Du coup toute tentative de faire porter le sens par l’aspect (par une charte graphique héritée du papier imprimé où la mise en forme portait le sens intégral, voir MacLuhan) se traduit pas une déperdition plus ou moins importante du sens « structurel » du contenu.
    Si je ne veux utiliser qu’une partie d’un contenu web à mixer avec d’autres contenus (venus d’autres sources) dans un outil de mashup pour produire un nouveau document web personnel (par ex tout ce qui tel jour à trait à telle actu), toute information graphique (contrainte de typo, contrainte de couleur, containte de taille) sera au mieux un parasitage encombrant et inutile, au pire un empêchement d’accéder à ces contenus.
    En limitant, par l’imposition forcée de ces paramètres, la possibilité d’adapter ces contenus ou de les utiliser dans un autre contexte que celui pour lequel ils ont été produits, le designer graphique inscrit son activité dans la durée d’un vingtième siècle qui n’en finit pas de ne pas finir.
    Les enjeux du web de demain ne passent plus du tout par là. Le métier de webdesigner disparaîtra comme a disparu celui de maréchal-ferrant avec l’automobile : de 10 par village il y a cent ans, on est passé à 1 par région.
    J’irai donc plus loin que l’auteur, je dirai que qu’on n’aura même plus besoin de designers (web ou interactif) dans la mesure où même les widgets ne seront que des API à importer, et charge à l’utilisateur de décider via quel UA et selon quel aspect il souhaite s’en servir.
    L’immersion des UGC (contenus générés par les utilisateurs), grand succès du 2.0, sera suivie par celle de l’UDC (user displaying contents, contenus paramétrés par l’utilisateur). Si moi, en tant qu’utilisateur, je décide de consulter vos contenus sur n’importe quel UA y compris audio (lecteur d’écran à synthèse vocale) parce qu’à ce moment-là j’ai envie d’écouter vos articles plutôt que les lire, ça ne regarde que moi. Si pour des raisons de mise en page vous m’avez rendu l’accès difficile ou impossible, j’irai ailleurs. C’est plus mon problème mais le vôtre.

  7. @Wolden Avro:

    Totalement d’accord avec vous, bien que je ne sois pas designer web, c’est avec des visionnaires comme vous qu’une évolution de ce métier s’effectuera.

    La compagnie Bokardo Design reflète bien ce nouveau mouvement que vous décrivez. Son fondateur, Joshua Porter, se décrit comme faisant du social web design et je profiterais de l’occasion pour mettre ci-dessous les 5 principes derrière sa philosophie:

    1. The Experience belongs to the user.
    2. Technology serves humans.
    3. Design is not Art.
    4. Great design is invisible.
    5. Simplicity is the ultimate sophistication.

  8. Nécessaire évolution du métier si les designers de tous bords veulent survivre à l’adaptation au web 2.0. Merci pour cette aperçu claire des implications sur ce domaine

  9. Rems dit :

    C’est plat, voir même très creux comme article. Messieurs les designers passez vite votre chemin !

  10. Dakine dit :

    Vous jouez sur les mots 🙂

    Courriel, mobile, web, c’est toujours du HTML 😉

  11. Patrenet dit :

    @Wolden Avro & Julie Lemonde
    Pas du tout d’accord… Le design ne disparaitra jamais, pour la simple et bonne raison (très simpliste) que les internautes aiment ce qui est jolie.
    Un bon designer est celui qui réussi a justement associer le contenu avec le contenant, l’aspect avec l’information ET l’accessibilité.
    je cite « En limitant, par l’imposition forcée de ces paramètres, la possibilité d’adapter ces contenus ou de les utiliser dans un autre contexte que celui pour lequel ils ont été produits, le designer graphique inscrit son activité dans la durée d’un vingtième siècle qui n’en finit pas de ne pas finir. »
    Mise à part le côté indigeste de la phrase, en quoi le design limite l’export de l’information dans d’autres formats ?! Le contenu et le contenant sont deux choses distinctes et l’un ne limite pas l’autre quand c’est bien fait (ex : les flux rss), l’important est que le designer Web suive l’évolution des technologies…

    Sinon pour ne plus être « limité » par le design, on peut ressortir nos bon vieux minitels :p

  12. brice dit :

    Les marketeux sont vraiment les spécialistes de la connerie et pour vendre du vent ils sont forts. ça me fait rire quand je lis ça « Le retour de l’aspect social et des relations humaines s’impose en le nom du «Web 2.0» et Internet redevient le village global rêvé. « .

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